Sept appareils posés en permanence sur un plan de travail (cafetière, bouilloire, grille-pain, mixeur, friteuse à air, four à micro-ondes, robot multifonction) consomment ensemble, au Luxembourg, de l’ordre de 30 à 110 kWh par an sans jamais rendre le moindre service. Au prix du kWh attendu en 2026, cela représente une fourchette réaliste de 8 à 28 euros par an, pas une révolution sur votre facture. La bonne nouvelle, c’est que la moitié de ces appareils ne consomme rien du tout en veille, et qu’un quart d’heure suffit à identifier lesquels.
Nous allons voir ensemble :
ToggleCe que les sept appareils coûtent vraiment, au tarif luxembourgeois
Le calcul est simple : une veille se paie en watts multipliés par 8 760 heures. Un appareil qui tire 1 W en permanence brûle 8,8 kWh par an. Avec un prix de l’électricité domestique autour de 0,26 euro le kWh au Grand-Duché (projection STATEC pour 2026, contre environ 0,284 euro en 2025), ce watt permanent coûte donc à peu près 2,30 euros par an. Tout le reste n’est qu’arithmétique.
| Appareil | Veille typique | Consommation annuelle | Coût annuel estimé |
|---|---|---|---|
| Cafetière programmable ou expresso automatique | 0,5 à 3 W | 4 à 26 kWh | 1 à 7 euros |
| Bouilloire (interrupteur mécanique) | 0 W | 0 kWh | 0 euro |
| Grille-pain | 0 W | 0 kWh | 0 euro |
| Mixeur ou blender classique | 0 W (0,5 à 1 W si écran tactile) | 0 à 9 kWh | 0 à 2,30 euros |
| Friteuse à air avec écran | 0,5 à 2 W | 4 à 18 kWh | 1 à 4,60 euros |
| Micro-ondes avec horloge | 1,5 à 3 W | 13 à 26 kWh | 3,40 à 6,70 euros |
| Robot multifonction connecté (wifi actif) | 1 à 4 W | 9 à 35 kWh | 2,30 à 9 euros |
Ces fourchettes recoupent ce que l’on mesure sur des appareils récents, et elles disent l’essentiel : trois de vos sept appareils ne consomment strictement rien à l’arrêt. Une bouilloire, un grille-pain et un mixeur à bouton mécanique coupent physiquement le circuit. Les débrancher relève du rangement, pas de l’économie d’énergie. Ce sont les appareils à horloge, à écran permanent ou à connexion wifi qui paient la note.
Veille passive, veille active : la ligne de partage
Le règlement européen d’écoconception encadre la veille des appareils vendus dans l’Union depuis 2013 : un appareil en mode arrêt ou veille simple ne doit plus dépasser 0,5 W, et 1 W s’il affiche une information (l’horloge du micro-ondes, typiquement). C’est pour cela qu’un appareil acheté en 2024 chez Hornbach ou Batiself pèse beaucoup moins lourd qu’un micro-ondes des années 2000 récupéré à la cave, qui pouvait tirer 4 à 6 W en continu.
La vraie zone grise, c’est la veille dite active : celle des robots multifonction et friteuses connectés, qui maintiennent une liaison wifi pour recevoir des recettes ou des mises à jour. Cette veille en réseau bénéficie de plafonds plus souples que la veille simple, et un seul appareil connecté peut consommer autant que quatre appareils non connectés réunis. Si vous n’utilisez jamais l’application, désactiver le wifi dans les réglages de l’appareil est plus utile que de le débrancher tous les soirs.
Pour situer l’ordre de grandeur, l’ADEME estime que les usages hors chauffage et eau chaude représentent environ 15 % de la facture énergétique d’un logement, veilles comprises. Appliqué à une cuisine, ce pourcentage reste modeste en valeur absolue : les 8 à 28 euros de notre tableau pèsent moins qu’un seul mois de chauffage d’une maison mitoyenne des années 60 mal isolée.
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Non, ces veilles ne comptent pas pour votre Klimabonus
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C’est la confusion la plus fréquente, et elle mérite une réponse nette. Le Klimabonus Wunnen soutient des travaux sur le bâti et les installations techniques : isolation de la toiture, des murs et de la dalle, remplacement des fenêtres, ventilation mécanique, pompe à chaleur, chaudière à granulés, installation photovoltaïque. Aucune aide luxembourgeoise ne finance une multiprise ni un changement de petit électroménager. Le geste dont il est question ici est gratuit, immédiat, et totalement étranger au circuit des subventions.
Même logique pour le certificat de performance énergétique, l’Energiepass que tout vendeur ou bailleur doit fournir. Le CPE évalue la performance du bâtiment lui-même, calculée sur des usages conventionnels : chauffage, eau chaude sanitaire, ventilation, auxiliaires. Vos habitudes de cuisine ne le déplacent pas d’une classe. Débrancher sept appareils ne transformera pas un logement classé F en logement classé D, et personne ne devrait vous laisser croire le contraire.
Ce que ces veilles touchent, en revanche, c’est la facture d’électricité réelle que vous payez à Enovos, à SUDenergie ou à votre fournisseur communal. Deux compteurs différents, deux logiques différentes.
Le prix du kWh baisse en 2026 : le gain aussi
Voilà l’angle que la plupart des articles importés ratent. Les repères français ou belges que beaucoup de résidents ont en tête ne collent pas au Grand-Duché, et le sens de la variation non plus. Selon les projections du STATEC, le prix moyen de l’électricité domestique au Luxembourg passerait d’environ 0,284 euro le kWh à quelque 0,258 euro en 2026. Autrement dit, le même geste rapporte environ 9 % de moins en euros cette année qu’avec les tarifs de l’an dernier.
Ce n’est pas une raison de renoncer, c’est une raison de calibrer. Vérifiez le prix figurant sur votre propre décompte annuel plutôt que de reprendre une moyenne : entre un contrat vert, un contrat fixe signé en 2023 et un tarif communal, l’écart réel entre deux foyers luxembourgeois dépasse largement les quelques euros que représente la veille de la cafetière.
Par quoi commencer avant l’hiver, dans le bon ordre
Fin septembre, l’entretien de la chaudière et le ramonage sont déjà dans les agendas, et le salon de l’habitat de Luxexpo remet les projets de travaux sur la table en octobre. Profitez-en pour hiérarchiser au lieu de tout mélanger.
- Repérez les appareils à écran ou horloge permanents, les seuls concernés. Une multiprise à interrupteur (Legrand et les autres fabricants en proposent à partir d’une quinzaine d’euros) suffit pour les regrouper.
- Désactivez le wifi des appareils connectés que vous ne pilotez jamais depuis votre téléphone : c’est le poste le plus lourd de la liste.
- Laissez branché ce qui doit l’être. Un réfrigérateur, un congélateur ou une VMC ne se coupent pas.
- Ne débranchez pas un four encastré ou une plaque par la prise murale : ces circuits sont dédiés et leur manipulation relève de l’électricien.
- Pour objectiver votre consommation réelle, sollicitez le conseil de base proposé par myenergy et Klima-Agence, la structure publique qui accompagne les particuliers sur l’énergie du logement.
Et gardez les proportions en tête. Les 8 à 28 euros par an récupérés dans la cuisine ne sont ni une illusion ni un levier : c’est de l’argent gagné en cinq minutes, à côté duquel une isolation de toiture ou une ventilation double flux se joue sur plusieurs centaines d’euros annuels et ouvre, elle, droit au Klimabonus.
Le geste concret pour ce week-end : retournez chacun des sept appareils et cherchez l’interrupteur physique. Ceux qui n’en ont pas, et qui affichent une heure ou un point lumineux, rejoignent une seule multiprise près de la prise de la cafetière. Le reste peut rester branché sans culpabilité, et votre vraie priorité d’hiver se décide avec un professionnel devant votre Energiepass, pas devant votre grille-pain.












